La liberté.

lls s’en sont pris à la liberté. Une fois de plus.

Ils s’étaient pris à la liberté d’expression en s’attaquant à Charlie Hebdo, qui se battait pour qu’on ait le droit de dire, dessiner, faire de l’humour de tout sans avoir la crainte de prendre une balle dans la tête. On peut ne pas cautionner leur humour mais ils refusaient de se voir interdire quelconque sujet et au travers de leurs dessins c’était bien cette liberté là qu’ils défendaient.

Ils s’en étaient pris à un hyper casher, dans un pays laïc ou chacun est libre de pratiquer sa religion sans crainte d’être attaqués. Et ils s’en sont pris à un hypermarché pour la communauté juive.

En janvier, des représentant(e)s des forces de l’ordre étaient mort(e)s sous leurs armes. Ces hommes et ces femmes  dont le travail est de préserver notre liberté et notre sécurité.

On était déjà meurtris. On était déjà choqués. On avait marché le dimanche 11 janvier 2015. J’avais fait tout le parcours de République à Nation. Refusant de m’arrêter tant que je n’étais pas au bout de cette marche pacifique et républicaine, même s’il était tard , même s’il faisait nuit et froid.

Vendredi dernier, ils s’en sont encore pris à la liberté. La liberté d’exister, la liberté d’apprécier la culture, la musique, le sport, et la liberté de vivre ensemble, la liberté de partager. Ces lieux, qui représentent la diversité culturelle de ce pays, ces lieux, symboles de beaux événements sportifs ou musicaux, ces lieux si vivants, si conviviaux, si joyeux ils les détestent. Au nom de quoi? au nom de leur soit disant croyances, au nom de leur interprétation de la religion qu’il croient défendre mieux que tout le monde.

Depuis 3 jours je passe par des phases différentes. Il y a d’abord eu l’inquiétude. L’inquiétude de savoir ma famille loin de Paris effrayée tant qu’elle n’avait pas eu de mes nouvelles. Elle fut vite apaisée par une série d’appels, de sms, de message Facebook. Ensuite, j’ai été envahie par l’inquiétude de savoir les ami.e.s et proches à Paris en sécurité. Encore une fois, le téléphone, les sms,Facebook et autres réseaux sociaux ont permis une circulation rapide de l’information. J’ai donc passé le samedi et le dimanche à échanger, parler, rassurer, aussi être rassurée que personne parmi mes proches n’avaient à déplorer de victimes. Puis j’ai ressenti une certaine fierté à voir la solidarité se mettre en place. #porteouverte #dondusang. Au milieu des horreurs qu’on entendait ou lisait parmi les témoignages, ça redonnait du baume au cœur.  Cela m’a permis de tenir, d’essayer d’aider autant que faire se peut, de me renseigner et de ne pas craquer. Je m’y suis accrochée à cette solidarité. Jusqu’à lundi midi.

Lundi midi, à la mairie du 18e. Le discours, bref et empreint d’émotions. Puis la minute de silence. Puis la Marseillaise. Cette marseillaise dont je n’ai pas réussi à chanter une seule note. Les yeux plein de larmes, dans les bras d’une camarade. Elle aussi d’origine marocaine, elle aussi républicaine, attachée à la France et ses valeurs, nous étions doublement blessée parce qu’indirectement c’est aussi en notre nom que ces ennemis de la Liberté ont frappé.

jesuisparisD’ici vendredi, j’irai dans le 11e, sur les lieux, pour allumer une bougie ou poser une fleur. D’ici vendredi, j’irai donner mon sang parce que l’EFS a besoin de sang sur la durée pour les victimes et les autres malades qui en ont besoin, en me promettant d’y aller plus régulièrement désormais. D’ici vendredi, j’essaierai de retrouver une nuit de sommeil paisible. D’ici vendredi, j’essaierai de ne plus avoir peur en sortant, prenant le métro ou me baladant dans Paris. D’ici vendredi j’essaierai de tendre la main à une personne dans le métro sur qui je vois l’émotion remplir leurs yeux de larmes parce que ça m’est arrivé ce matin et je n’en ai pas eu le courage. J’ai l’impression d’avoir à gravir une montagne dans les jours qui viennent mais il va falloir y arriver, pour montrer à ces imbéciles que la vie continue, qu’ils n’ont pas atteint notre capacité à être solidaires, à être de bons vivants.

#noussommesunis #notafraid #jesuisparis #vivelarepublique tout ça ça les enquiquinne au plus haut point.

Publicités

Une réflexion sur “La liberté.

  1. Pingback: Souvenir | Histoires d'une idéaliste

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s