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Pourquoi je suis devenue féministe…

Après les  nombreuses réflexions, rencontres, questionnements sur le sujet de l’égalité femmes=hommes, sur le sujet des discriminations, sur le sujet des combats pour les droits des femmes, me voilà moi aussi à poser par écrit pourquoi je suis devenue féministe, ou plutôt comment je me suis révélée féministe.

Dans le fond, je l’ai toujours été, ayant grandi dans un environnement militant qui se conjugue essentiellement au féminin depuis au moins 4 générations.

Le premier sujet qui m’a poussée à agir, est celui du mariage pour tous, sujet qui m’a amenée à ouvrir ce blog à commencer à exprimer des coups de gueule, des idées, des témoignages, mais aussi à relayer d’autres blogueuses et blogueurs. Ce sujet de l’égalité des droits était une simple évidence pour moi, je m’étonnais d’ailleurs qu’elle n’arrive sur le tapis qu’en 2013 en France et que je pensais était une superbe avancée pour l’égalité des droits. Ma grand mère était née avant le droit de votes des femmes, ma mère avait connu la loi sur le droit à l’IVG, et moi je vivais l’ouverture du mariage aux couples homosexuels hourra! Et j’étais fière de participer aux manifestations sur le sujet (en faveur du #mariagepourtous, juste au cas où on doute). Et là ce fut la douche froide. Même glaciale. La manif de la honte m’a mise en colère (pour faire court et en résumé). Pas que je ne me doutais pas qu’il y avait encore des personnes assez bornées pour ne pas donner le même respect à toutes et tous, mais de là à faire preuve d’autant de haine et mépris. A vomir. A pleurer. A hurler.

Cela a continué de cogiter dans ma tête et s’est donc naturellement posée la question du genre, des discriminations liées au genre, des stéréotypes liés au genre et tout le reste. Le film « Pourquoi les femmes sont-elles plus petites que les hommes? » sur Arte il y a quelques mois m’a faite réfléchir un peu plus. Et comme je n’ai pas pu m’empêcher de continuer à m’interroger le #sexisme les #inégalités réelles, ma révolte intérieure est sortie s’exprimer.

Et là au fil de l’attention que je commençais à porter ma plus grande révolte a été de constater le manque de visibilité et valorisation des femmes dans la société… à commencer par celles autour de moi, ces militantes qui défendent leurs convictions depuis très jeunes. Celles dont on ne parle pas, celles qu’on ne met pas en avant, celles dont on considère que le fait qu’elles consacrent un temps énorme aux autres est presque normal (quand on n’entend pas que ça ne sert à rien). Elles n’ont pas besoin de fleurs, ni de trophées, encore moins de reconnaissance. Enfin pas de fleurs, mais en fait juste une plante: le philodendron (dont je vous explique le symbole plus bas).

Ma mère est militante, politique, syndicale, associative depuis aussi longtemps que je m’en souvienne. Il me semble même qu’elle a une carte de parti depuis sa majorité. Ma grand mère, a été élue pendant 18 ans, également militante politique, et elle allait à 14 ans déjà à des réunions politiques avec son grand-père (en 1946, embarquer des jeunes filles à des réunions ça devait être pas très courant, ça ne l’est toujours pas d’ailleurs…). J’ai récemment appris que mon arrière grand-mère avait été maire en 1952, et qu’elle était militante aussi (je me demande quelle était la proportion de femmes maires en 1952 tiens!). Quiconque a eu une interaction avec moi sait mon engagement militant, politique, et mes convictions notamment dans le domaine de l’éducation. Me voilà donc à incarner la quatrième génération de militantEs de la famille puisque ça se transmet de mère en fille… une belle histoire à chérir, un peu comme le philodendron.

Philodendron scandens

Alors pourquoi le philodendron? Mon arrière grand-mère avait un philodendron, et en avait fait une bouture pour sa fille, donc ma grand mère. Petite bouture est devenue grande et ma grand mère a pu à son tour faire une bouture pour ma mère. Et depuis un peu moins de 2 ans, j’ai une bouture de philodendron transmise par ma mère, qui a trouvé sa place chez moi à Paris, et qui pousse tranquillement feuille après feuille, centimètre après centimètre. Ce philodendron est donc le symbole de cette lignée de militantEs. J’y pense à chaque fois que je pose mon regard dessus (et c’est souvent quand on habite dans un studio).

Mon projet fou? Raconter ces militantes. Ecrire, entendre, trouver des documents, fouiller dans les histoires de familles. Mon arrière grand-mère n’étant plus là (depuis bientôt 30 ans), il ne me reste plus qu’à écouter ma grand-mère me raconter ses histoires militantes, de campagnes électorales, d’actions, de durs combats politiques, tant qu’elle est encore en forme et surtout parce qu’elle a la bonne habitude de tout garder (certains la trouvent mauvaise). J’ai hâte d’aller fouiller dans le grenier et retrouver des documents poussiéreux que personne n’aura touché depuis des années. J’attends aussi beaucoup du témoignage de ma mère, qui elle aussi prend beaucoup de notes et garde beaucoup de choses. Ses notes pendant les réunions relatent tous les instants, quand on les relit, on a l’impression d’y être! Et peut être que tout cela débouchera sur un écrit, un livre, je n’en sais rien mais quelque chose qui parle de ces femmes, de leurs convictions, de leur abnégation et de leur vie militante. En attendant le livre, le philodendron est là.

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