Accueil » Minute Feministe » Minute #feministe 09/03/2017 #henriettalacks

Minute #feministe 09/03/2017 #henriettalacks

J’étais persuadée d’avoir déjà écrit un billet sur le sujet mais apparemment non!

Je profite qu’on soit en période du 8 mars (journée internationale de lutte pour LES droits DES femmes) pour parler d’une histoire qui me tient à cœur parce qu’elle parle d’une femme, noire, d’un milieu pauvre, avec la difficulté d’accès aux soins qu’on imagine. Mais surtout cette femme à l’insu de son plein gré a fourni à la recherche scientifique un outil de travail « vivant » qui est à mon sens le plus important à ce jour. C’est une héroïne qu’on a tenté d’invisibiliser, une de plus. Ses cellules récupérées de son cancer du col de l’utérus, qui l’a emportée en 1951 ont permis la recherche pour le vaccin contre la Polio, le travail sur la pénicilline, la première matière vivante à être expérimentée en impesanteur, le séquençage du génome humain, le travail sur les effets de la radioactivité et j’en passe.

Comme tout-e étudiant-e de biologie, j’ai au parcours de mes études notamment ma thèse croisé ce qu’on appelait au labo « HeLa cells ». Tout le monde avait du stock dans son labo, ou dans ses boîtes sauvegardées dans  le congélateur, facile à ressortir, remettre en culture, laisser se diviser, se diviser encore pour qu’on en ait assez pour mener l’expérience qu’on avait besoin d’effectuer et en garder de côté pour la prochaine fois. Une lignée cellulaire humaine. La première lignée cellulaire humaine immortelle (parce qu’en vrai les cellules sont programmées pour se diviser seulement dans certaines conditions et sont « programmées » pour mourir après un certain nombre de divisions parce qu’elles vieillissent et après un certain temps de division elles ne sont plus autant efficaces à remplir leur fonction = tout ça étant dérégulé dans les processus cancéreux). Elles sont importantes parce que pour comprendre certains phénomènes il faut pouvoir le tester sur une lignée stable de cellules, si au bout d’un temps on doit en prendre une autre pour recommencer, les résultats ne seront pas très fiables.

Je ne m’étais jamais (à tort) posé la question de la signification de Hela et d’où elles venaient ces fameuses cellules, facile à obtenir, à cultiver et exploiter pour des besoins de la science.

book-hela

Jusqu’au jour où une amie me prête un livre. LE LIVRE. « The Immortal Life of Henrietta Lacks » que j’ai avalé en quelques jours, bien qu’il soit en anglais, et qu’il fait partie des livres que seulement quelques jours après j’ai eu envie de lire à nouveau, j’en étais triste d’être arrivée au bout. J’ai attendu un peu plus que quelques jours mais quelques années et je me replonge dedans avec un autre regard depuis dimanche. Avec mon regard féministe exacerbé, mon regard humaniste qui pense à la famille d’Henrietta qui vivait dans des conditions précaires, ses 5 enfants orphelins après sa mort qui n’ont pas été informés que les cellules de leur maman étaient non seulement toujours en vie mais exploitées et un laboratoire avait même gagné des millions grâce à elles.

Une histoire de femmes et d’hommes mélangée à une histoire de sciences.

Il est écrit comme un roman par une journaliste Rebecca Skloot qui a mené 10 ans de travaux, de recherches, d’interviews, de rencontre, tout y est authentique dans les faits mais tellement bien écrit qu’on se plonge dans l’histoire.

Merci Henrietta.

Le témoignage poignant de sa fille Deborah:

deborahs-voice

Un film sur le sujet (avec Oprah Winfrey dans le rôle de Deborah Lacks)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s