L’intolérance et la haine n’ont pas droit de cité à Bondy !

Le Blog des Francas de Seine-Saint-Denis

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Bondy, le 10 octobre 2017

Appel à mobilisation
Mercredi 11 octobre à 19h
Place de la Gare à Bondy

L’intolérance et la haine n’ont pas droit de cité à Bondy !

La Maire de Bondy et son équipe, ainsi que de nombreuses associations de solidarité, de parents d’élèves et de défense des droits de l’Homme – la Ligue des Droits de l’Homme, la Ligue de l’Enseignement, le syndicat UNSA, la FCPE départementale, les Francas, la Fédération des Centres sociaux de Seine-Saint-Denis, le Mouvement français pour le Planning Familial 93… – condamnent fermement les manifestations et discours de groupes tels que La Manif pour tous ou CitizenGo. Elles appellent à une contre mobilisation mercredi 11 octobre.

Le Collectif La Manif pour tous, sans aucune autorisation d’occupation du domaine public, appelle, par voie d’affichage illégal dans toute la ville, à un rassemblement le mercredi 11 octobre Place de la Gare, à Bondy…

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La diversité

Depuis quelques temps je lis divers documents sur les recommandations pour les candidatures aux prochaines élections. Et  bien que je sois convaincue de la nécessité que notre classe politique soit à l’image des citoyens et citoyennes qu’elle représente, un argument me choque, voir même me chagrine. Qu’on veuille l’égalité femmes-hommes, est une évidence, puisque les femmes constituent 51 % des français. Pousser la discrimination positive jusqu’à l’argument de la diversité ne me semble pas aussi facile.

Cela ne me semblerait pas aberrant d’utiliser les données de l’INSEE (au 1er janvier 2016) pour raisonner, en terme de genre et de tranches d’âge:

Population totale 32 291 287 34 336 315 66 627 602
Moins de 20 ans 8 391 583 8 003 875 16 395 458
de 20 à 64 ans 18 550 750 19 161 177 37 711 927
65 ans ou plus 5 348 954 7 171 263 12 520 217

Si déjà sur ces points la représentation était conforme, ça serait une belle avancée. Mais si on devait être aussi rationnels sur la question de la diversité on pourrait prendre en compte

  • proportion de personnes d’origine immigrée, en fonction des pays ou régions du monde
  • proportion de personnes homosexuelles / hétérosexuelles / transgenre
  • proportion selon les croyances
  • proportion selon le régime alimentaire
  • et on peut trouver d’autres critères…

Et ça prouve une chose c’est qu’on n’a pas été capable d’intégrer cette belle diversité dans les institutions de notre République. Et je suis profondément choquée d’être assimilée à un profil « diversité » de part mon nom et mon prénom.

J’ai eu la chance de grandir dans un environnement qui donnait un sens aux valeurs de la République, avec un sentiment d’honneur de les partager et les défendre, tout en tenant compte de la diversité de mes origines.

Encore aujourd’hui, à mon retour au Maroc en vacances, on m’assimile à une marocaine à la douane (ce que je suis sur leurs papiers)  en exigeant presque que j’ai une carte d’identité marocaine. La scène (qui arrive inlassablement à chaque fois, la dernière en date étant au mois d’août dernier):

Je donne mon passeport au passage à la douane à l’aéroport

On ouvre mon passeport, et on voit mon nom « Yasmine, vous êtes d’origine marocaine?

Moi « oui »

La madame de la douane « elle est où votre carte d’identité marocaine »

Moi « je n’en ai pas, dans la mesure où je suis née, vis en France, je n’en ai pas besoin »

La madame « non mais il faut la faire au consulat, on en a besoin » (toujours insistante)

Evidemment ça ne m’empêche absolument pas de passer à la douane après ces 30 secondes de questions, dans un sens ni dans l’autre. Je reste calme pour que ça se passe bien mais ça me fait bouillir intérieurement à chaque fois, A CHAQUE FOIS. Et ça me donne encore moins envie d’y revenir (ça me chagrine de l’avouer).

La seule identité que j’ai, que j’assume et que j’ai toujours revendiquée c’est celle du logo de la République Française qu’il y a sur mon passeport, et rien ni personne ne peut ni ne doit m’imposer autre chose. Cela n’a pas toujours été facile de l’assumer et le faire accepter y compris par l’environnement proche. Je n’ai pas choisi ma double nationalité, je suis née avec et les règles font que je n’ai pas le choix (moi la féministe ça me pose d’ailleurs un sérieux problème que celui de ne pas laisser le choix, de la même manière que de part cette origine je suis considérée comme musulmane là bas). J’en arrive presque à en faire un rejet aujourd’hui à cause de tout ce qu’elle représente (tristesse), et ai même songé à un moment à faire ajouter le nom de ma mère dans un « nom d’usage » sur mes papiers pour afficher mes attaches à la France.
La vraie problématique est que la République, et ses institutions n’ont pas réussi à faire siennes toutes celles et ceux qui ont intégré ses valeurs, de mon point de vue chacun et chacune apporte sa richesse. Je me retrouve pour la première fois en 40 ans à me sentir une citoyenne différente des autres notamment depuis l’épisode malheureux de la déchéance de nationalité. Et ça fait mal.

Je n’attends rien des médias qui n’ont aucun problème avec l’affichage de « la beur de service » et leur quota pour se donner bonne conscience, qui représenterait une partie de la population. Mon choix serait plutôt de travailler l’engagement et la parole de chacun-e, avoir un travail de fond et sur le long terme plutôt qu’une politique court terme d’affichage de la diversité. Et j’espère qu’autour de moi on ne m’avancera jamais cet argument. Jamais.

Liberté

Ne nous parlez plus de héros, ne nous parlez plus de révolution,
dites-nous combien ils restent encore ?
Vous laissez derrière vous des rêves pillés, des mondes gaspillés,
des soleils brûlés, laissez-nous créer.
Une arme en amour, une bombe à lumière, un fusil à fleurs,
une vie sans barrières, laissez-nous rêver.
D’un enfant président, d’un roi sans couronne, d’un Jésus indien,
d’un Dieu qui pardonne, même ceux qui l’oublient.
Vous laissez derrière vous des mères matraquées, des lunes piétinées,
des hommes qui mouraient pour la liberté.

Angélique Ionatos

Moi binationale…

France-MarocPour la première fois depuis que je suis née (bientôt 40 ans), je ressens fortement ma bi-nationalité, alors que jusque là, je voyais plutôt cette addition de cultures et origines comme une richesse invraisemblable, même si difficile à cerner et conjuguer quelques fois. On parle d’ailleurs de bi-nationalité comme s’il y avait un lien alors que ce n’est pas le cas, totale indépendance l’une de l’autre.

 

Merci le débat sur la déchéance de nationalité posé après les attentats de novembre.

La question de départ: comment sanctionner les terroristes qui sont une menace pour l’ordre public et la sécurité dans notre pays. Jusque là on était tous bien sûr d’accord, étant tous et toutes traumatisé.e.s par l’année 2015, marquée par les attentats à Paris.

Quelle suite? la nécessité d’une solution forte et symbolique. On est toujours à peu près d’accord.

L’option prise? La déchéance de nationalité, alors là je me demandais quel impact et efficacité ça aurait.

Le pompom? Elle n’allait s’appliquer qu’aux binationaux (dans les textes adoptés par les deux assemblées, même s’ils étaient différents).

Le problème essentiel que ça m’a posé c’est celui du respect de la valeur marquée sur tous les frontons de nos mairies l’ÉGALITÉ. Donc pour palier à un problème de sécurité grave, on prend une mesure, qui ne va s’appliquer qu’à une partie des potentiels gens dangereux? Et on était partis pour la constitutionnaliser en plus!

Il est vrai qu’un binational peut être plus dangereux, et en plus on peut même le renvoyer dans son pays d’origine pour ne pas avoir à le gérer. Et la responsabilité du système sur le phénomène de radicalisation? Au placard, surtout on en parle pas, on l’assume pas.

Le fait que la question de départ, à savoir comment sanctionner les personnes dangereuses pour notre pays, on l’avait oubliée. Si on s’était penché sur l’impact et l’évaluation de la mesure (chose qui me semble tellement évident mais visiblement pas toujours en politique), on serait vite passé à autre chose.

Ce qui m’a profondément blessée et choquée et mise en colère c’est la lecture, c’est sur les réseaux sociaux de l’expression « les dangers on les renvoie dans leur pays d’origine ». Et moi, ayant deux nationalités, de naissance je me dis… Je suis née avec les deux, c’est lequel mon pays d’origine? De quoi se mêle-t-on pour me dire quel est mon pays d’origine?  D’ailleurs l’expression est très mal choisie, je dis désormais que suis française avec des racines marocaines (et non d’origine -au singulier- marocaine), mes racines ne se résument d’ailleurs pas à une  nationalité ou un passeport, si je remonte dans la généalogie, je vais étendre le nombre de pays et de continents…

Donc d’une mesure symbolique, on en a fait une mesure inefficace, qui au final n’a pas été votée. Des mois de débats, de tensions, de stigmatisations, une peur pour les valeurs républicaines.

Moi binationale, j’ai eu mal à ma France, et j’ai toujours #malamaFrance

fluctuat-nec-mergitur paris

 

Quelques lectures:

Patrick Weil, les binationaux, la France et le Monde

 

La liberté.

lls s’en sont pris à la liberté. Une fois de plus.

Ils s’étaient pris à la liberté d’expression en s’attaquant à Charlie Hebdo, qui se battait pour qu’on ait le droit de dire, dessiner, faire de l’humour de tout sans avoir la crainte de prendre une balle dans la tête. On peut ne pas cautionner leur humour mais ils refusaient de se voir interdire quelconque sujet et au travers de leurs dessins c’était bien cette liberté là qu’ils défendaient.

Ils s’en étaient pris à un hyper casher, dans un pays laïc ou chacun est libre de pratiquer sa religion sans crainte d’être attaqués. Et ils s’en sont pris à un hypermarché pour la communauté juive.

En janvier, des représentant(e)s des forces de l’ordre étaient mort(e)s sous leurs armes. Ces hommes et ces femmes  dont le travail est de préserver notre liberté et notre sécurité.

On était déjà meurtris. On était déjà choqués. On avait marché le dimanche 11 janvier 2015. J’avais fait tout le parcours de République à Nation. Refusant de m’arrêter tant que je n’étais pas au bout de cette marche pacifique et républicaine, même s’il était tard , même s’il faisait nuit et froid.

Vendredi dernier, ils s’en sont encore pris à la liberté. La liberté d’exister, la liberté d’apprécier la culture, la musique, le sport, et la liberté de vivre ensemble, la liberté de partager. Ces lieux, qui représentent la diversité culturelle de ce pays, ces lieux, symboles de beaux événements sportifs ou musicaux, ces lieux si vivants, si conviviaux, si joyeux ils les détestent. Au nom de quoi? au nom de leur soit disant croyances, au nom de leur interprétation de la religion qu’il croient défendre mieux que tout le monde.

Depuis 3 jours je passe par des phases différentes. Il y a d’abord eu l’inquiétude. L’inquiétude de savoir ma famille loin de Paris effrayée tant qu’elle n’avait pas eu de mes nouvelles. Elle fut vite apaisée par une série d’appels, de sms, de message Facebook. Ensuite, j’ai été envahie par l’inquiétude de savoir les ami.e.s et proches à Paris en sécurité. Encore une fois, le téléphone, les sms,Facebook et autres réseaux sociaux ont permis une circulation rapide de l’information. J’ai donc passé le samedi et le dimanche à échanger, parler, rassurer, aussi être rassurée que personne parmi mes proches n’avaient à déplorer de victimes. Puis j’ai ressenti une certaine fierté à voir la solidarité se mettre en place. #porteouverte #dondusang. Au milieu des horreurs qu’on entendait ou lisait parmi les témoignages, ça redonnait du baume au cœur.  Cela m’a permis de tenir, d’essayer d’aider autant que faire se peut, de me renseigner et de ne pas craquer. Je m’y suis accrochée à cette solidarité. Jusqu’à lundi midi.

Lundi midi, à la mairie du 18e. Le discours, bref et empreint d’émotions. Puis la minute de silence. Puis la Marseillaise. Cette marseillaise dont je n’ai pas réussi à chanter une seule note. Les yeux plein de larmes, dans les bras d’une camarade. Elle aussi d’origine marocaine, elle aussi républicaine, attachée à la France et ses valeurs, nous étions doublement blessée parce qu’indirectement c’est aussi en notre nom que ces ennemis de la Liberté ont frappé.

jesuisparisD’ici vendredi, j’irai dans le 11e, sur les lieux, pour allumer une bougie ou poser une fleur. D’ici vendredi, j’irai donner mon sang parce que l’EFS a besoin de sang sur la durée pour les victimes et les autres malades qui en ont besoin, en me promettant d’y aller plus régulièrement désormais. D’ici vendredi, j’essaierai de retrouver une nuit de sommeil paisible. D’ici vendredi, j’essaierai de ne plus avoir peur en sortant, prenant le métro ou me baladant dans Paris. D’ici vendredi j’essaierai de tendre la main à une personne dans le métro sur qui je vois l’émotion remplir leurs yeux de larmes parce que ça m’est arrivé ce matin et je n’en ai pas eu le courage. J’ai l’impression d’avoir à gravir une montagne dans les jours qui viennent mais il va falloir y arriver, pour montrer à ces imbéciles que la vie continue, qu’ils n’ont pas atteint notre capacité à être solidaires, à être de bons vivants.

#noussommesunis #notafraid #jesuisparis #vivelarepublique tout ça ça les enquiquinne au plus haut point.

Le 14 juillet

Chaque année, c’est toujours avec une certaine émotion que je regarde le défilé sur les champs Elysées à la tv, quelques fois je vais voir le feu d’artifice. Toujours une pensée pour ces militaires qui ont défendu et défendent encore les valeurs républicaines. On en parle peu, on ne les voit pas, mais ils font beaucoup plus pour nous citoyens qu’on ne peut l’imaginer.

StormingBastille

Donc le 14 juillet, on fête quoi? On a tous dans l’idée que c’est la prise de la Bastille en 1789, symbole de la Révolution et de ces longues années de combats (politiques, sociaux et militaires) qui nous ont mené à la démocratie actuelle. Un vague souvenir d’histoire de lycée m’a fait penser que chaque année on célébrait la Fête de la Fédération, célébrée le 14 juillet 1790, un an pile poil après l’assault à la Bastille.

 

En 1790, cette fête avait eu entres autres pour objectif de mettre en avant et rassembler et montrer toutes les forces armées du pays. Donc effectivement c’est bien cette tradition là qui se perpétue chaque année par un défilé sur les Champs Elysées et partout en France. C’est bien plus pacifique et moins sanglant que les événements de la Bastille.

Fete_de_la_federation

Pour finir, une pensée pour nos parents/grands parents qui ont défendu nos libertés soit au front, soit par leur engagement politique.